Redéfinir le face-à-face durant la pandémie : la FCM transporte en ligne ses projets internationaux de renforcement des capacités

Depuis 1987, les programmes internationaux de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) ont aidé les élus et les employés municipaux canadiens à partager des connaissances et à créer des liens avec des homologues d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Europe de l’Est.

Financée par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada (AMC), cette approche de renforcement des capacités entre pairs de la FCM a permis aux partenaires internationaux d’apprendre comment stimuler un développement économique durable, habiliter les gouvernements locaux et favoriser la participation citoyenne.

La COVID-19 a été déclarée pandémie le 11 mars 2020. Peu de temps après, le Canada fermait ses frontières aux non-Canadiens et interdisait les voyages non essentiels. La FCM devait relever un défi de taille : comment cette organisation qui avait toujours misé sur la formation entre pairs, en personne, pourrait-elle diffuser ses programmes de calibre mondial de façon sécuritaire, sans contact direct, dans divers contextes autour du globe?

  • Découvrez comment le programme de partenariats pour l’innovation municipale en matière de développement économique local (PIM-DÉL) a eu recours à Debut, VideoPad et YouTube pour fournir une formation en ressources humaines ciblée à nos partenaires du Burkina Faso, du Mali et de Côte d’Ivoire.
  • Voyez comment le programme pour un leadership municipal inclusif en Tunisie a mis Zoom à profit pour offrir un important webinaire en trois langues sur le leadership des femmes en gestion de crise.
  • Découvrez comme le projet de soutien aux municipalités de Jordanie a utilisé des téléphones cellulaires et WeTransfer pour produire des vidéos en soutien à une formation innovante sur la gestion des déchets solides.
  • Lisez comment le partenariat pour le développement économique local et la gouvernance démocratique en Ukraine s’est servi de Zoom pour renforcer de la formation et organiser une réunion fructueuse du comité directeur du programme.
  • Explorez comment le PIM-DÉL a misé sur WhatsApp et Zoom pour appuyer trois gouvernements locaux dans l’application des mesures d’intervention d’urgence prescrites par leur gouvernement national.

Au fil de la collaboration entre la FCM et ses partenaires durant la pandémie de la COVID‑19, nous ferons part de l’évolution de ces projets internationaux dans leur version en ligne, dans ce nouvel espace où ils sont éloignés les uns des autres, mais n’en travaillent pas moins face à face.

Dernière mise à jour : 25 août 2020.

 

Bolivie

La programmation en Bolivie est administrée par l’entremise de Partenariats municipaux pour l’innovation – Développement économique local (PMI-DEL), un programme quinquennal de renforcement des capacités qui vise à stimuler la croissance économique durable à l’échelle locale en renforçant les capacités des gouvernements municipaux participants.

La Bolivie a été durement frappée par la pandémie de la COVID-19 et les trois municipalités partenaires, Vinto, Montero et Pailón, ont été parmi les plus touchées : les trois municipalités sont, au moment d’écrire cet article, en confinement total et ont été placées dans une “bulle”, ce qui signifie qu’il est interdit à quiconque d’y entrer ou d’en sortir. Cette mesure a eu un profond impact sur les économies locales, puisque le travail d’un grand nombre de résidents des trois collectivités relève de l’économie informelle.

En février 2020, tout juste avant l’apparition du virus, les partenaires canadiens ont entrepris une mission en Bolivie afin d’aider leurs partenaires locaux à mettre en œuvre leur projet de démonstration. Lorsque la pandémie a frappé et que la formation en salle n’était plus une option, tous les partenaires canadiens du programme, c’est-à-dire Timmins (Ont.), Truro (N.-É.) et Drayton Valley (Alb.), ont exprimé le souhait de consolider la formation en ligne et de trouver des solutions pour surmonter les importants problèmes de connectivité en Bolivie.

Ils ont donc décidé d’utiliser la plateforme Zoom pour tenir des réunions régulières et dispenser les séances de formation virtuelles subséquentes. Zoom permet l’interprétation linguistique et un grand nombre de participants. La plateforme est également conviviale et quelques partenaires boliviens la connaissaient déjà bien. Des efforts ont également été faits pour utiliser MS Teams, mais cette plateforme ne fonctionnait pas bien avec les systèmes utilisés par certains participants.

Les informations sont souvent partagées à l’aide de l’application WhatsApp dans les municipalités boliviennes. L’omniprésence des téléphones cellulaires fait de cette pratique un complément utile à Zoom, et les réunions peuvent maintenant compter jusqu’à huit participants. Les partenaires boliviens ont décidé dans le cadre de ces réunions sur WhatsApp de demander de l’aide pour assurer une réouverture sécuritaire des bureaux municipaux et de l’économie locale. Le plus important était d’appuyer le personnel municipal et d’offrir la formation dont il avait besoin pour assurer sa sécurité et contribuer à la relance économique.

Compte tenu de l’accès limité à internet dans les communautés et de la rareté des ordinateurs personnels, il sera crucial de trouver un endroit sécuritaire avec accès permanent à internet, pour dispenser cette formation, comme un hôtel ou un bâtiment municipal. La FCM et PMI-DEL ont préparé diverses lignes directrices portant sur la formation, dont des directives sur la distanciation sociale, le lavage des mains, la désinfection des ordinateurs avant et après les séances de formation, et les endroits possibles. Les formations sur Zoom ne pourront se dérouler qu’ une fois que la Bolivie aura assoupli ses mesures de confinement. Les premières activités étaient donc axées sur l’aide à apporter aux trois gouvernements municipaux pour mettre en œuvre les dispositions du gouvernement national de Bolivie sur les interventions d’urgence.

Les partenaires Canadiens et Boliviens ont souligné à quel point cette voie de communication régulière leur a été utile. Elle permet d’assurer un soutien et une surveillance plus uniforme et a permis aux participants de consolider les travaux effectués jusqu’ici dans le cadre du programme.

En résumé : « L’ajout d’un plus grand nombre d’activités virtuelles aux activités habituelles du programme permettrait d’intensifier la formation et de renforcer encore davantage les relations entre les partenaires. »

Burkina Faso - Côte d'Ivoire - Mali

Les programmes au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali sont administrés par l’entremise des Partenaires municipaux pour l’innovation – Développement économique local (PMI-DÉL), un programme quinquennal de renforcement des capacités qui vise à stimuler la croissance économique durable à l’échelle locale en renforçant les capacités des gouvernements municipaux participants.

En raison de la situation actuelle en matière de sécurité au Burkina Faso et au Mali, toutes les activités communes prévues dans le cadre du programme se sont déroulées en Côte d’Ivoire. Un corridor économique transfrontalier baptisé Espace SKBo relie les participants des trois pays. Grâce à des activités conjointes, les partenaires canadiens ont pu mener à bien leurs missions techniques et de formation.

En septembre 2019, une consultante canadienne a offert, en personne, une formation aux trois associations de gouvernements locaux (AGL) : l’Association des Municipalités du Mali (AMM), l’Association des Municipalités du Burkina Faso (AMBF) et l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI). Cette formation visait à renforcer leurs capacités respectives à fournir des services à leurs municipalités membres. Une formation complémentaire destinée aux trois AGL a eu lieu à Abidjan (Côte d’Ivoire) en février 2020, et portait notamment sur la gestion des ressources humaines et sur les procédures et pratiques financières.

La pandémie a conduit les trois pays à fermer leurs frontières avant le 22 mars 2020, de sorte que les missions de soutien en personne prévues n’ont pas pu avoir lieu. Après avoir contacté le directeur général et le coordonnateur national de projet de chaque AGL par courriel ou par l’application WhatsApp, la décision a été prise de poursuivre la formation en ligne dans un seul domaine d’intérêt commun dans lequel des lacunes avaient été précédemment identifiées : la gestion des ressources humaines. Chaque AGL a fourni le nom d’une personne chargée d’agir en tant que personne-ressource pour la formation. Les connexions Internet n’étant ni stables ni fiables dans la région, la consultante canadienne a ensuite contacté les personnes-ressources par l’entremise de WhatsApp ou IMO.

La consultante a d’abord partagé par courriel un document Word comportant des exercices relatifs à la formation. Les participants ont travaillé sur les exercices pendant une semaine, au cours de laquelle ils devaient recueillir des informations à l’interne ou discuter de l’exercice avec leur équipe. Pendant ce temps, la consultante a préparé une vidéo d’accompagnement à l’aide de deux logiciels. Le premier logiciel, Debut, lui a permis d’enregistrer la vidéo et le son alors que le second, VideoPad, lui a permis de monter la vidéo et d’intégrer des diapositives et des images PowerPoint.

Une fois la vidéo réalisée, celle-ci a été mise en ligne sur une chaîne YouTube privée et le lien a été partagé avec les trois personnes-ressources. Cette méthode a permis d’éviter le transfert de fichiers volumineux et a été le moyen idéal de partager des vidéos avec les AGL des trois pays. Une fois les exercices effectués et la vidéo partagée, les trois AGL ont eu accès aux mêmes informations de base. Les participants peuvent tirer profit de ces informations selon leurs besoins particuliers et peuvent en discuter lors d’une réunion conjointe bimensuelle sur la plateforme Zoom. Avant la première séance de formation, la consultante, avec le soutien du personnel de la FCM, a animé une courte séance d’introduction à la plateforme (tous les guides vidéo en ligne étaient en anglais). La plateforme Zoom a très bien fonctionné et son utilisation n’a posé aucun problème. La plateforme MS Teams devait être utilisée au départ, mais des problèmes de connectivité sont survenus. Cela a entraîné des décalages dans le son et la vidéo et a empêché le fonctionnement de la fonction d’écran partagé.

Parallèlement à la formation, les partenaires ont créé un groupe WhatsApp comme outil de soutien pour fournir des occasions d’échanger et de discuter de la formation. De cette façon, les participants peuvent poser des questions à la consultante ou demander des précisions sur les exercices à faire. Ils peuvent également discuter des aspects de la formation qui seront utiles à l’ensemble du groupe.

En résumé : « L’enregistrement des sessions Zoom peut empêcher les participants moins confiants de prendre la parole. »  

Cambodge

Dans les quatre collectivités cambodgiennes où la FCM est active (Battambang, Poipet, Mongkul Borie et Serei Saophoan), la pandémie de COVID-19 semble avoir des incidences économiques plus marquées que ses effets sur la santé et la sécurité. Faute d’appareils et d’une infrastructure à large bande adéquate, les employés municipaux n’ont pas accès au télétravail, ce qui fait que les gouvernements locaux ne peuvent assurer des services continus. Le programme Partenariats municipaux pour l’innovation – Développement économique local (PMI-DÉL) collabore avec la National League of Communes (NLC) pour soutenir les gouvernements locaux au moyen d’un mécanisme de financement (COVID-19 Immediate Response Initiative) afin qu’ils puissent informer la population des mesures de sécurité et de prévention de la maladie.

Haïti

Malgré la fin de ses activités à la fin mars, le Programme de coopération municipale Haïti-Canada – phase 2 (PCM2) a alloué certains fonds pour soutenir ses partenaires municipaux dans leurs réponses à la crise de la COVID19.

Dans la région des Palmes le soutient du programme a été organisé en tenant compte d’une part du communiqué de l’Organisation mondiale de la santé qui préconise le lavage des mains au savon et d’autre part du communiqué présidentiel déclarant le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics à partir du 11 mai.

Le PCM2 a facilité l’achat d’équipements pour mettre en place des points de lavage de mains (eau et savon) dans les marchés locaux dans les communes de Petit Goâve, Grand Goâve, Léogâne et Gressier. L’installation de ces points de lavage sera aussi accompagnée par une communication aux populations sur l’importance de la prévention de la propagation du virus. Les maires des Palmes travailleront de pair avec les Comités de citoyennes et de citoyens de leurs communes et avec la Coordination des femmes de la région des Palmes (KOFAREP) pour diffuser l’information.

L’appui du PCM2 permettra aussi de fournir des masques au personnel des communes. Ceux-ci seront distribués en collaboration avec la Communauté des Municipalités de la Région des Palmes et la Direction Administrative et Technique de l'intercommunalité des Palmes (CMRP-DATIP).

Le soutien à la Mairie de Port-au-Prince se veut un appui dans le cadre de ses responsabilités vis-à-vis des huit écoles communales qui se trouvent sur son territoire. En effet ces établissements relevant de sa juridiction, accueillent 5,000 écolières et écoliers majoritairement issus de milieux défavorisés.

En ce temps de crise où la sécurité alimentaire est bien fragile, la mairie a maintenu des cantines d’école ouvertes malgré la fermeture des établissements scolaires, permettant ainsi aux enfants de continuer d’avoir un repas chaud qui pour certains est leur seul repas de la journée. Dans une volonté d’élargir l’accès à la nourriture aux populations les plus vulnérables et de contribuer au respect des mesures de confinement, la Mairie va distribuer avec l’aide du PCM2 des kits de denrées alimentaires aux familles des élèves défavorisés. Ces kits sont composés de 12.5lbs de riz, 6lbs de pois, 6lbs de maïs moulu, 1 bidon d’huile d’un demi-litre, 2 paquets de spaghettis et 2 boites de conserves de sardines. La distribution sera effectuée par la Mairie de Port-au-Prince.

Jordanie

Le Projet de soutien aux municipalités de Jordanie (PSMJ) est une initiative sur cinq ans visant à aider les gouvernements municipaux de Jordanie à fournir des services municipaux de manière plus efficace par l’amélioration de la gouvernance locale, des services municipaux et de la gestion des déchets solides. La promotion de la cohésion sociale par l’entremise d’une mobilisation communautaire inclusive est un fil conducteur entre tous ces objectifs.

Le volet du projet consacré à la gestion des déchets solides est conçu pour aider les municipalités jordaniennes à s’attaquer aux causes de leur problème de déchets, plutôt que de traiter simplement les symptômes. Il ne s’agit pas uniquement d’obtenir des fonds pour acheter de nouveaux compacteurs ou de nouveaux bacs – l’objectif de l’initiative est de comprendre pourquoi les collectivités produisent autant de déchets et de résidus et d’habiliter les gouvernements municipaux à répondre aux besoins les plus urgents.

En 2019, le guide Comment favoriser un comportement durable (CFCD) a été élaboré pour le PSMJ en collaboration avec le ministère des administrations locales de la Jordanie. Ce guide a été un important outil de référence pour aider les municipalités à sensibiliser le public sur la nécessité d’adopter des comportements responsables à l’égard des déchets solides au sein de leur collectivité. Kym McCulley, spécialiste du marketing social communautaire et conseillère bénévole, a participé au projet et formait nos partenaires en Jordanie sur ce guide lorsque la pandémie a frappé le pays.

Mme McCulley et ses collègues à Amman étaient conscients de la nécessité de poursuivre la formation, même si elle devait rentrer au Canada et ne pouvait plus dispenser la formation sur place. L’équipe a décidé, pendant leurs téléconférences bihebdomadaires, d’enregistrer de courts vidéos de trois minutes conçus pour diriger les bénéficiaires de la formation dans le guide et maintenir leur motivation à l’égard du projet. Mme McCulley a enregistré les vidéos avec son téléphone cellulaire et les a envoyés à ses collègues en Jordanie à l’aide de l’application WhatsApp. C’est à ce moment qu’elle a remarqué la première embûche technique.

Malgré l’infrastructure de télécommunications très développée de la Jordanie, le transfert des vidéos a créé un délai dans le son, désynchronisant le mouvement des lèvres par rapport au son. Puisque les vidéos devaient être sous-titrés plutôt que doublés, les partenaires jordaniens l’ont informé que ce délai était déconcertant. Le problème s’est réglé simplement en changeant de plateforme : en envoyant les vidéos via WeTransfer, le délai était chose du passé.

Une grande partie de la formation en Jordanie avait porté sur la recherche de moyens d’aider les collectivités à adopter de nouveaux comportements à l’égard de la production de déchets et de détritus. Mme McCulley a réalisé que les gouvernements du Canada passaient également par un processus d’éducation semblable pour la COVID-19, tentant de faire adopter de nouveaux comportements pour le lavage des mains, le port du masque et la distanciation sociale. Elle a donc pris des photos des panneaux d’affichage et des accessoires utilisés par le gouvernement de l’Alberta pour soutenir ses messages sur la COVID-19, puis elle les a ajoutées dans ses vidéos.

Les vidéos se sont avérés un excellent moyen de maintenir l’enthousiasme des participants au projet, et ils sont maintenant utilisés comme soutien complémentaire au guide. Nos partenaires en Jordanie peuvent aisément les sauvegarder et s’y référer au besoin.

La prochaine étape sera de dispenser les séances de formation auprès du personnel des 12 municipalités jordaniennes qui participent au projet. Mme McCulley assurera cette formation à l’aide des plateformes Zoom ou MS Teams.

En résumé : « Les vidéos ont été une façon extraordinaire de rester concentré sur la formation. Par contre, leur grande efficacité à cet égard s’explique par le fait que nous avions établi des relations personnelles étroites avec les participants tout au long du projet. Ces liens créés auparavant ont été cruciaux. »

Afrique du Sud

De concert avec la South African Local Government Association (SALGA), le programme Développer des municipalités inclusives et vertes (DMIV) est en cours dans six municipalités de la province d’Eastern Cape. Les employés municipaux sud-africains reçoivent un soutien technique des partenaires canadiens afin de renforcer leurs capacités à dispenser des services municipaux visant davantage à réduire la pauvreté, à soutenir la croissance économique locale, à adopter de saines pratiques de gestion des actifs et à réagir aux changements climatiques.

À l’échelle du pays, les municipalités de la province d’Eastern Cape comptent parmi les plus touchées par le COVID-19. À la suite d’une évaluation des incidences de la pandémie, les partenaires municipaux du programme DMIV ont élaboré un plan d’action précisant les mesures à prendre sur divers plans. Comme le programme DMIV est surtout présent dans des municipalités rurales et éloignées, on a constaté que le manque d’appareils et une infrastructure à large bande inadéquate empêchaient les employés municipaux de recourir au télétravail. Le programme DMIV s’active à fournir les appareils nécessaires et à rendre plus fiable la connectivité internet sur le territoire des municipalités partenaires.

À cause de la forte densité des agglomérations formelles et informelles qui entourent les zones urbaines de la province d’Eastern Cape, la rapidité de transmission des informations est capitale pour prévenir la propagation du virus.  En collaboration avec la SALGA, l’équipe du programme DMIV soutient des municipalités sud-africaines dans leur effort de diffusion de messages sur les stratégies de prévention du COVID-19. Avec l’aide du programme, les municipalités peuvent en outre se procurer d’indispensables produits d’hygiène et de désinfection.

Afin de garantir la continuité du programme et de soutenir les partenaires municipaux dans leurs efforts de relance économique post-pandémie, le programme DMIV élabore un répertoire d’outils de formation en ligne. Comme les incidences du COVID-19 sont particulièrement sévères chez les femmes, une attention sera portée à l’élaboration d’outils didactiques sensibles à la sexospécificité.

Parallèlement à ces efforts, au cours de la période de quarantaine et de confinement national en Afrique du Sud, les partenaires du programme ont partagé entre eux des pratiques exemplaires en communication et en intervention d’urgence.

Tunisie

Le Programme pour un leadership municipal inclusif (PLMI) a pour objectif de faire en sorte que les citoyens et les élus de huit municipalités tunisiennes puissent exercer une plus grande influence sur la gestion des affaires locales. Grâce au soutien technique d’experts locaux et de spécialistes municipaux canadiens, ces municipalités renforcent leur capacité à intégrer le genre dans leurs pratiques de gestion quotidiennes. En collaboration avec la société civile, les municipalités fournissent aux femmes et aux personnes les plus vulnérables des services qui sont plus inclusifs et sexospécifiques.

Le PLMI apporte également un soutien à plusieurs institutions nationales afin de promouvoir un environnement propice à la participation politique des femmes dans la gestion des affaires locales. Le programme est conjointement mis en œuvre avec le Centre international de développement pour la gouvernance locale innovante (CILG-VNG International).

La réponse de la Tunisie à la pandémie de la COVID-19 a été bien gérée. Le confinement a été imposé rapidement et le gouvernement national a commencé à assouplir les mesures de confinement en mai. Les activités du PLMI à l’intérieur du pays peuvent se poursuivre, à condition de respecter les directives relatives à la santé et à la sécurité. Toutefois, les partenaires canadiens ne peuvent pas se rendre sur place pour offrir des formations – il est prévu qu’il n’y aura aucun déplacement avant janvier 2021 au plus tôt.

Pendant la durée du confinement, la FCM et le CILG communiquaient régulièrement par courriel, WhatsApp et Skype. L’excellent système de télécommunications de la Tunisie a permis une communication directe avec les partenaires du programme à travers le pays. Des réunions virtuelles à petite échelle avaient déjà eu lieu avant la pandémie par l’entremise de Skype et WhatsApp. Lorsque les restrictions liées à la COVID-19 ont été appliquées en Tunisie, Zoom est rapidement devenu une plateforme fiable et populaire. La plateforme MS Teams est généralement peu connue auprès des partenaires tunisiens.

Durant les principaux mois de confinement (de mars à juin), la plupart des conversations ont porté sur la planification et l’adaptation des activités existantes du programme.

Les partenaires du PLMI en Tunisie ont organisé plusieurs webinaires sur Zoom durant la pandémie, ce qui a permis de stimuler la participation. À titre d’exemple, le 3 juin 2020, l’ONU, la Fédération nationale des villes tunisiennes (FNVT) et le Réseau des femmes élues ont conjointement organisé le webinaire « Représentantes élues et réponse sexospécifique à la COVID-19 en Tunisie ».

Puis, le 10 juin, le PLMI et le Centre de recherches, d’études de documentation et d’information sur la femme (CRÉDIF) ont organisé une réunion sur la plateforme Zoom intitulée « Gouvernance locale et leadership des femmes : rôles et bonnes pratiques dans la gestion des crises ». Un représentant de la Ville de Gatineau a fait une présentation lors du webinaire et l’ambassadeur canadien faisait partie des participants. La fonction d’interprétation de langue de la plateforme a permis aux locuteurs parlant l’arabe, le français et l’anglais de participer pleinement aux deux webinaires. La FNVT a également proposé d’autres formations et événements en direct à ses membres sur Facebook, notamment une séance sur les communications en temps de crise.

L’équipe du PLMI a aussi utilisé la plateforme Zoom pour prendre part à la réunion annuelle virtuelle du groupe de travail sur le renforcement des capacités et des institutions de Cités et gouvernements locaux unis. Le directeur du PLMI a utilisé le programme comme exemple pour montrer les effets de la COVID-19 sur les populations vulnérables des collectivités locales. Les fonctions d’interprétation de la langue et de réunions en petits groupes ont pu être utilisées lors de la réunion. La plateforme a bien fonctionné et les participants ont été automatiquement transférés à la séance de discussion en petit groupe qu’ils avaient préalablement choisie au moment de leur inscription.

Au cours des prochains mois, le PLMI offrira une série de formations destinées aux femmes dirigeantes de groupes de société civile, ainsi que d’autres formations et ressources destinées aux conseils municipaux et aux commissions municipales. Compte tenu de l’assouplissement des mesures de confinement en Tunisie, la plupart des séances seront offertes en personne par des consultants locaux et l’équipe de projet en Tunisie. Toutefois, des experts municipaux canadiens contribueront aux séances et y participeront virtuellement par l’intermédiaire de la plateforme Zoom, entre autres, et de vidéos préenregistrées.

Il est évident que la participation virtuelle aux réunions et les séances d’apprentissage en salle sont très différentes. Ces séances de formation seront soigneusement planifiées et comporteront des objectifs d’apprentissage clairement définis. Les partenaires suivront les résultats de ces séances afin d’en évaluer l’efficacité.

En résumé : « Bien que les réunions virtuelles puissent être très efficaces et même aider certaines personnes à exprimer leurs opinions plus librement, le risque d’en abuser et de créer un sentiment d’épuisement vis-à-vis de la plateforme Zoom est bien présent. Les objectifs et le contenu des réunions devraient être bien planifiés et compris à l’avance. »

Ukraine

Le Partenariat pour le développement économique local et la gouvernance démocratique (PDELGD) est un projet d’aide technique sur six ans visant à renforcer le secteur municipal ukrainien par l’habilitation de 16 villes d’Ukraine dans le but de faire progresser la démocratie et le développement économique à l’échelle locale. Le PDELGD renforce la démocratie à l’échelle locale en mettant en œuvre un modèle de transparence gouvernementale et en veillant à la prise de décisions efficace et transparente par les gouvernements municipaux. Il crée des conditions favorables au développement et à la croissance des petites et moyennes entreprises, et appuie la décentralisation et la planification intégrée du développement économique.

L’Ukraine a été modérément frappée par la pandémie de COVID-19, mais l’oblast Ivano-Frankivsk, l’une des régions qui participent au programme, a été durement frappé. Le gouvernement de l’Ukraine a déclaré un état d’urgence national le 18 mars 2020 et toutes les frontières ont été fermées le 28 mars.

Avant la pandémie, de la formation en ligne était déjà proposée via Webex. Cette plateforme plus ancienne est légèrement compliquée, mais elle propose des espaces pour la traduction et permet de tenir des séances parallèles et en petits groupes. La FCM a dispensé de la formation sur cette plateforme en mars et en avril dans le but d’accroître l’utilisation de cette plateforme parmi les participants ukrainiens. Cependant, l’intérêt initial manifesté par les partenaires pour cette formation était faible. Ceci s’explique principalement par le fait que les séances de formation virtuelles reproduisaient les séances en salle, utilisant les mêmes méthodes et exigeant des participants d’y consacrer le même temps. La formation s’est depuis grandement améliorée, tout comme l’intérêt des partenaires.

Malgré les réserves initiales sur l’utilisation de la plateforme Zoom, principalement attribuables à diverses inquiétudes liées à la sécurité, celle-ci a été utilisée pour la réunion du comité directeur du programme (CDP) du 11 juin 2020. Plus de 60 personnes (40 en Ukraine) ont participé à cette réunion, dont les maires des 16 villes participantes au programme et des représentants d’Affaires mondiales Canada, de l’Association des villes ukrainiennes, et du conseil d’administration de la FCM. Selon les exigences du programme, cette réunion, au cours de laquelle les participants passent en revue les activités de la dernière année et discutent du plan de travail pour les 12 prochains mois avant de l’approuver, doit habituellement se dérouler en salle. Auparavant, les coûts de déplacement vers l’Ukraine étaient un obstacle à la participation des partenaires canadiens à cette réunion, mais l’utilisation cette année de la plateforme de téléconférence Zoom leur a enfin permis de participer et de contribuer aux discussions.

Le temps alloué pour cette réunion, qui prévoyait la tenue de vote, la prise de décisions et des présentations, était de 2,5 heures mais cela n’a pas été suffisant. Une boîte de discussion directement sur la plateforme était disponible pendant la réunion afin de permettre aux participants de poser des questions et d’obtenir des réponses. Cela a exigé l’affectation d’une personne travaillant pour le programme (au Canada) à la surveillance de la boîte de discussion, afin qu’elle puisse diriger les questions au partenaire ou dirigeant approprié pour qu’il y réponde. Deux interprètes participaient également à la réunion afin d’assurer l’exactitude et l’accessibilité pour tous les participants.

La réunion s’est déroulée parfaitement et tous les aspects de la plateforme Zoom étaient appropriés. Un examen du format de la réunion serait cependant bien avisé si cette expérience devait être reproduite à l’avenir. Le format actuel est trop structuré et officiel; les participants considèrent leurs interventions comme un signe d’importance et ont donc tendance à fournir des réponses préparées. Il faudrait trouver un moyen de favoriser des discussions et des réponses plus authentiques.

En résumé : « Préparation, préparation, préparation. Les plateformes virtuelles ne pardonnent pas, et lorsqu’un auditoire plus important est envisagé, la prévoyance et la préparation sont essentielles. »

Vietnam

Le Vietnam est le premier pays partenaire de la FCM à se remettre de la pandémie après avoir pris des mesures nationales extrêmement efficaces et sans déplorer un seul décès dû au COVID-19. C’est pourquoi le bureau vietnamien du programme Partenariats municipaux pour l’innovation – Développement économique local (PMI-DÉL) peut mettre l’accent sur le soutien à la relance économique. Le personnel étudie présentement diverses propositions visant à stimuler la relance économique dans les municipalités partenaires.

Pendant ce temps, le Projet pour la gestion municipale des déchets solides au Vietnam (VnSWM) poursuit sa collaboration active avec les municipalités partenaires de Bac Giang et Hoi An. Hoi An, dont l’économie dépend largement du tourisme international, est très durement touchée par la pandémie. La baisse du tourisme n’a qu’un seul côté positif : beaucoup moins de déchets. Les lieux d’enfouissement de Hoi An ont récemment traversé une crise, incapables de mettre en œuvre des stratégies à long terme de gestion des déchets à cause des nombreux problèmes urgents à résoudre. Le projet VnSWM peut profiter de l’occasion pour tenter d’atténuer la récente crise, mettre l’accent sur les priorités du projet et remettre le système de gestion des déchets solides sur les rails avant la reprise économique et le retour des touristes. À Bac Giang, le projet VnSWM étudie la possibilité de soutenir la municipalité dans ses communications stratégiques à la population en période de pandémie, principalement au sujet des services municipaux comme la gestion des déchets solides.

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