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2004 Planification – Gagnant ex æquo 1

Ville de Banff, Alberta

Plan d’action locale pour la gestion de l’énergie et la réduction des émissions de gaz à effet de serre

Population : 8 200 résidents permanents; 30 000 personnes si l'on inclut les touristes

Le plan d'action locale de la Ville de Banff vise à contrebalancer les répercussions de la hausse du tourisme sur cette collectivité située dans un parc national en mobilisant le secteur municipal, le secteur privé et la collectivité en vue de la réduction de la consommation d'énergie. En se fondant sur les inventaires de la consommation d'énergie et des émissions, la Ville de Banff a prévu qu'il serait possible, d'ici à 2020, de garder au sein de la collectivité jusqu'à 20 millions de dollars qui, autrement, seraient affectés aux coûts de l'énergie; cette somme va actuellement à des intérêts extérieurs et ne profite pas à l'économie locale. La Ville a aussi évalué l'incidence de la consommation d'énergie de tous les secteurs sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Le plan a été intégré au système organisationnel de gestion environnementale conforme à ISO 14001, ce qui contribuera à établir l'ordre de priorité des nouvelles pratiques susceptibles d'accroître l'efficacité énergétique dans la collectivité.

Contexte

À titre de collectivité située dans un parc national faisant partie du patrimoine mondial, la Ville de Banff se doit de prendre des mesures pour répondre aux besoins propres de sa petite population de résidents permanents, compte tenu des milliers de touristes qui visitent la région chaque année. Si, par le passé, Banff bénéficiait d'une inter-saison au printemps et à l'automne pendant laquelle les touristes étaient moins nombreux, ce n'est plus le cas aujourd'hui. « Les périodes de plus grande affluence demeurent l'été et les Fêtes, mais nous pouvons dire que la saison touristique dure toute l'année », dit Jake Pryor, gestionnaire des questions environnementales de la Ville.

Les hausses de population influent sur la consommation d'énergie de la Ville. Celle-ci, de même que trois centres de ski en plus de la collectivité de Lake Louise, sont alimentées par l'électricité provenant de la vallée de Bow - puissance maximale de 40 mégawatts (MW). « Nous nous approchons plus près de cette limite à chaque année », mentionne M. Pryor. Il ajoute également que toute augmentation de la puissance du réseau électrique aurait des répercussions considérables sur les plans environnemental et visuel.Toutefois, dans les différentes études réalisées jusque-là, les questions relatives à l'énergie avaient été morcelées et examinées à la lumière des besoins d'ordre environnemental, économique et social.

La Ville disposait donc de deux solutions : soit augmenter sa production d'énergie, soit réduire ses besoins dans ce domaine.

Résultats

  • Grâce aux mesures prévues dans le plan, les émissions de GES associées aux activités de la municipalité devraient passer de 6 660 tonnes (niveaux de 1990) à 4 600, en 2009.
  • Le plan comporte une stratégie de surveillance et d'évaluation qui permet de suivre l'évolution de chacun des projets.
  • Le plan vise, d'ici à 2020, à permettre de garder au sein de la collectivité jusqu'à 20 millions de dollars grâce à des mesures de réduction de la consommation d'énergie. « Cet argent pourra servir à d'autres activités commerciales, plutôt qu'être uniquement consacré aux coûts de l'énergie », a expliqué M. Pryor.
  • La Ville a intégré l'énergie solaire à son bâtiment des opérations. Par ailleurs, de petits projets faisant appel à la cogénération et aux microturbines pour le chauffage et la climatisation des hôtels comptent au nombre des autres mesures possibles en matière de gestion de l'énergie.
  • Les recherches effectuées pour le programme visant les bâtiments municipaux indiquent que des améliorations éconergétiques de plus de 400 000 $ permettraient à la Ville de réduire ses dépenses d'énergie de 70 000 $ par année. Le Plan d'action locale prévoit l'affectation de ces économies annuelles à un fonds renouvelable qui servirait à la mise en oeuvre d'autres projets environnementaux.

Leçons apprises

  • FAIRE PARTICIPER LES MILIEUX D'AFFAIRES ET RESPECTER LEURS BESOINS. La tenue d'une réunion à l'heure du déjeuner s'est avérée une bonne formule pour les propriétaires d'entreprises à l'horaire chargé. Les propriétaires d'un hôtel réputé ont également parrainé la démarche, ce qui a contribué à en rehausser la crédibilité.Tous les grands consommateurs d'énergie étaient représentés, y compris les hôtels, le Banff Centre et le Mineral Springs Hospital.
  • TOUCHER UN GRAND NOMBRE DE GENS GRÂCE À L'ENGAGEMENT POLITIQUE.Le maire et trois conseillers ont participé à la séance de travail. « Les membres des milieux d'affaires attachent une grande importance au fait de voir leurs élus appuyer un processus donné, indique M. Pryor. Ils se sont mobilisés pour en faire une question de toute première importance sur le plan économique.
  • OFFRIR À LA COLLECTIVITÉ DE VÉRITABLES POSSIBILITÉS DE PARTICIPER. Banff affiche un fort taux de roulement de population, car les gens viennent y occuper un emploi et repartent à la fin de la saison. « Un très grand nombre d'habitations étant louées - plutôt qu'occupées par leur propriétaire - beaucoup de gens ne savent pas trop ce qu'il faut faire et ne pas faire pour économiser l'énergie », mentionne M. Pryor. « Tous les résidents ont été invités à participer aux ateliers, à présenter leurs idées et à fournir des commentaires. De cette façon, vous apprenez beaucoup sur votre collectivité; votre connaissance ne se limite plus à des données statistiques, mais porte aussi sur les motivations des gens, sur leur volonté de payer pour certaines choses et sur ce qu'ils sont prêts à s'engager à faire ou capables de faire. »
  • FAIRE APPEL AUX FORCES DE LA COLLECTIVITÉ. La Ville aimerait utiliser les sommes économisées grâce à son programme d'amélioration éconergétique des bâtiments pour mettre en oeuvre d'autres projets environnementaux, et ainsi démontrer que le réinvestissement dans la collectivité d'économies réalisées à court terme peut se traduire par des avantages à long terme. Les milliers de touristes qui viennent à Banff chaque année ont également un rôle à jouer. « Nous pouvons mettre les touristes à contribution en demandant à Park Radio de diffuser de l'information sur notre démarche. Cela renseignerait les touristes et offrirait des possibilités de marketing aux entreprises », a dit M. Pryor.

Partenaires et collaborateurs

À l'interne

  • Gestion des questions environnementales

À l'externe

  • Banff Park Lodge
  • Banff/Lake Louise Hotel Motel Association
  • Fédération canadienne des municipalités
  • Société canadienne d'hypothèques et de logement
  • Parcs Canada
  • The Sheltair Group Resource Consultants Inc. (Vancouver)
  • Praxis Inc. (Calgary)
Mise à jour : 13/11/2013