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2003 Matières résiduelles – Gagnant ex æquo 1

Ville d’Edmonton, Alberta

Système de gestion intégrée des déchets (SGID)

Population : 666 104

Au début des années 1980, la Ville d'Edmonton profita de ce que son lieu d'enfouissement avait à peu près atteint sa pleine capacité pour mettre au point une solution tout à fait nouvelle à la gestion des déchets. Elle se dota d'un système de gestion intégrée des déchets (SGID) comportant les principaux éléments suivants : la plus importante installation de co-compostage en Amérique du Nord (une installation qui traite deux flux de déchets, soit les déchets solides municipaux et les biosolides); une nouvelle installation de récupération des matériaux; les « Eco Stations » pour la collecte à l'année longue des déchets domestiques dangereux; une usine de collecte des gaz d'enfouissement; une usine de traitement des produits de lixiviation et un vaste programme de sensibilisation du public. Les programmes de compostage et de collecte ont permis de faire passer le taux de réacheminement des déchets domestiques de 15 p. 100 en 1999 à 60 p. 100 en 2002.

Contexte

Au début des années 1980, le lieu d'enfouissement de la ville avait à peu près atteint sa pleine capacité. À la recherche d'un nouvel emplacement, la Ville examina alors plus d'une centaine d'endroits possibles à l'intérieur des limites de la ville et dans les régions avoisinantes.Toutefois, les citoyens étaient réfractaires à l'idée de l'aménagement d'un lieu d'enfouissement dans leur collectivité et exigèrent une approche plus responsable en matière de gestion des déchets.


Face à une telle opposition de la part du public, le personnel municipal décida d'adopter une approche totalement nouvelle et d'examiner des stratégies à long terme axées sur la réduction, le recyclage et la récupération des ressources, et d'explorer d'autres formules que l'aménagement d'un lieu d'enfouissement, notamment l'incinération et divers types de compostage.

En plus de s'être dotée d'un système innovateur de gestion des déchets, la Ville participe au programme Partenaires dans la protection du climat (PPC) de la FCM depuis 1995 et travaille activement à l'élaboration de son plan d'action locale (troisième étape du programme PPC) dans le cadre d'un partenariat public-privé désigné « Carbon Dioxide Reduction Edmonton » (CO2RE) (Réduction des émissions de dioxyde de carbone à Edmonton). L'équipe se compose de planificateurs, de promoteurs, de travailleurs sociaux, de chefs d'entreprise, d'environnementalistes, d'ingénieurs, d'éducateurs et de représentants de plus de 20 organismes gouvernementaux. Le partenariat CO2RE a par ailleurs fait partie des huit plans d'action locale municipaux décrits dans la publication Participation des citoyens et engagement communautaire dans le processus d'élaboration du Plan d'action local : Guide à l'intention des municipalités (FCM).

Résultats

  • En 1999, la Ville a modifié son programme de recyclage avec bacs bleus qui existait depuis 11 ans, et a amorcé l'implantation du programme de recyclage avec sacs bleus; elle a réussi à atteindre un taux de conversion de 70 p. 100 au cours de la première année.
  • Installation de co-compostage mise en service en l'an 2000, qui traite chaque année 180 000 tonnes de déchets résidentiels et jusqu'à 22 500 tonnes sèches de biosolides pour une production totale de 80 000 tonnes de compost. Grâce à l'installation d'un autre système de compostage en 2002, la Ville peut produire des quantités supplémentaires de compost à partir des biosolides de la station d'épuration des eaux usées.
  • Usine de traitement du lixiviat qui traite jusqu'à 10 millions de litres de lixiviat par année avant de l'acheminer vers la station d'épuration des eaux usées.
  • Programme polyvalent d'éducation du public comportant des programmes scolaires, un centre de démonstration de compostage domestique et une ligne d'assistance en matière de déchets.Dans le cadre du programme directeur de la Ville en matière de compostage et de recyclage, programme qui a mérité un prix, des bénévoles peuvent recevoir une formation dans les domaines du compostage, du recyclage et de la réduction des déchets. Plus de 400 bénévoles ont déjà terminé le programme avec succès depuis sa création. Les diplômés font ensuite connaître aux membres de leurs collectivités les notions qu'ils ont apprises.
  • Deux « éco-stations », où peuvent être apportés les déchets domestiques dangereux, ont ouvert leurs portes depuis 1995. Elles servent également de stations de transfert pour tous les types de déchets domestiques.

Leçons apprises

  • Travailler en étroite collaboration avec les élus municipaux. Le personnel a veillé à ce que les conseillers soient tenus au courant de l'évolution de l'élaboration du plan, ce qui a permis d'obtenir le soutien politique nécessaire à l'implantation du SGID.
  • Faire ses devoirs.Avant de décider de ce qui convenait le mieux à la collectivité, la Ville a exploré et analysé plusieurs options possibles, s'est fixé des objectifs, et a défini des critères.
  • Donner au public la possibilité de participer de façon utile au processus. Mme Boyce a mentionné qu'au cours des années 1980, lorsque la Ville a commencé à chercher un endroit où aménager le nouveau lieu d'enfouissement, elle n'a pas fait appel au public autant qu'elle l'aurait pu et le dossier est devenu très controversé. « À la suite de cette expérience, nous nous sommes dit que l'apport du public devait faire partie intégrante de notre système, a-t-elle expliqué. Lorsque nous travaillons à quelque chose de nouveau, nous nous assurons d'en informer la population. »
  • Dans le cas de partenariats avec le secteur privé, faire en sorte que les responsabilités de chacune des parties soient clairement définies. La Ville a conclu de nombreux partenariats avec le secteur privé pour la mise en
  • oeuvre du SGID. «Vous devez formuler très clairement les ententes pour que chacun sache quel est son rôle et ses responsabilités », a dit Mme Boyce.
  • Partager votre expertise. Au cours des deux dernières années, plus de 1 500 délégués de partout dans le monde ont visité les installations de la ville. « Ils viennent de tous les continents, a mentionné Mme Boyce. Les pays en développement sont ceux pour qui la gestion des déchets pose les plus grands défis, et l'existence d'installations comme les nôtres leur démontre clairement que les lieux d'enfouissement ne constituent pas la seule solution. Nous avons une grande expertise à partager, et même si les autres pays n'utilisent pas le même système que nous, ils peuvent tirer parti de certains éléments. »

Partenaires et collaborateurs

À l'interne

  • Service de gestion des déchets et Services de drainage de la Ville d'Edmonton

À l'externe

  • Conseil scolaire d'Edmonton
  • Canadian Waste Services
  • EarthTech
  • AMEC Earth and Environmental
Mise à jour : 13/11/2013