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2002 Eaux usées – Gagnant ex æquo 1

Ville de Roblin, Manitoba

Projet pilote de traitement des eaux usées tertiaires

Population : 1 885

Dès 1996, la Ville de Roblin a perçu la nécessité de gérer l'écoulement excessif des effluents dans ses eaux usées, afin d'éviter que les terres irriguées ne soient saturées d'eau et de produits chimiques. À cette fin, la ville a construit un marais artificiel, mais ne s'est pas limitée au traitement de l'eau. En effet, les nutriments des effluents sont utilisés pour les cultures agricoles; l'endroit a été aménagé de manière à constituer un habitat pour la sauvagine locale; et la vente du bois cultivé grâce aux effluents traités pourrait constituer une éventuelle source de revenus. Le système de traitement des eaux usées, relativement peu coûteux, qui s'étend sur 40 acres, a non seulement permis de stopper la dégradation des terres irriguées avoisinantes, mais a également donné le jour à une nouvelle norme provinciale, compte tenu de sa capacité de traitement à émission nulle.

Contexte

Lors de réunions tenues en 1997, la population et les élus de la Ville de Roblin ont commencé à discuter de la nécessité d'élaborer pour la collectivité des principes directeurs et des objectifs. Le système de traitement des eaux usées existant de la ville étant soumis à de fortes pressions agricoles et environnementales, l'un des objectifs consistait à trouver un mode de traitement efficace des eaux d'égouts urbains et des eaux usées résidentielles.

La ville utilise un étang d'épuration comme système de traitement de ses eaux usées primaires. Les villes qui utilisent un tel système déversent souvent leurs effluents dans les cours d'eau locaux au moment des crues nivales. Cette formule n'était pas adaptée à la ville de Roblin. «Nous avions été informés que nous ne pouvions rejeter nos effluents dans la rivière Shell à proximité, à la suite de fortes pressions exercées en ce sens sur le ministère de l'Environnement de la province», a expliqué le maire Lorne Boguski.

En 1981, un accord de 10 ans était donc conclu avec un propriétaire local, qui acceptait que soit déversée sur ses terres la totalité des effluents excédentaires de l'étang pour l'irrigation de ses cultures de foin. Mais à l'échéance de l'accord, en 1991, le propriétaire n'accepta plus de prendre qu'une partie des effluents, à certaines périodes de l'année. Si elle avait reconduit l'accord, la ville se serait encore retrouver avec le problème du déversement des effluents excédentaires en périodes de pluies et de chutes de neige abondantes.

La ville a plutôt décidé d'acheter une parcelle de terre qui jouxtait celle du propriétaire. Puis, avec l'aide de l'Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) du gouvernement du Canada et de la Commission des services d'approvisionnement en eau du Manitoba, elle a installé un système d'irrigation qui dirigeait les effluents excédentaires vers une culture de luzerne plantée sur la nouvelle parcelle de terre acquise. Cette culture absorbait alors la totalité des effluents excédentaires.

Le problème semblait résolu, mais vers 1996, après plusieurs années de précipitations records au Manitoba, la quantité des effluents doubla. Ainsi, au cours de l'été de 1993, la province a connu des précipitations deux fois plus abondantes que la moyenne annuelle de 231 mm. Le système d'irrigation n'était pas apte à traiter de telles quantités d'effluents, et les terres sont rapidement devenues saturées d'eau et de nutriments salins. «Nous avons noyé la culture», a expliqué M. Boguski. «Nous avions alors une décision à prendre : soit acheter d'autres terres et installer un autre système d'irrigation, soit trouver une formule de rechange.» Le gouvernement du Manitoba s'est opposé au premier choix de la ville d'acheter d'autres terres à des fins d'irrigation et a suggéré que l'aménagement d'un marais pourrait peut-être s'avérer une solution.

Résultats

  • Le marais est devenu un habitat faunique, particulièrement pour différentes espèces d'oiseaux aquatiques de la région.
  • Les écoles secondaires peuvent maintenant enrichir leur programme de sciences.
  • Le projet a permis d'éviter que les terres irriguées ne soient saturées d'eau et de produits chimiques.

Leçons apprises

  • Le processus décisionnel doit être ouvert et transparent afin que toutes les parties comprennent les enjeux et acceptent de coopérer. Tout au long du processus, la ville a consulté la population, s'est efforcée de comprendre son point de vue et l'a fait participer aux évaluations de façon continue.
  • Le soutien technique de TetrES a constitué un élément-clé, puisque les connaissances spécialisées dans le domaine ne pouvaient être obtenues à l'interne. La mise en oeuvre du projet a également fait ressortir la nécessité de solidifier les liens entre le service municipal des travaux publics, le conseil municipal, la Commission des services d'approvisionnement en eau du Manitoba et l'ARAP. Soulignons notamment que la ville est partie prenante de l'Entente d'association Canada-Manitoba sur les infrastructures hydrauliques municipales (PAMWI), qui fournit du financement pour l'exécution de travaux d'immobilisations destinés à améliorer les sources d'approvisionnement en eau municipales. La PAMWI a assumé une partie des coûts du projet de construction du marais.

Partenaires

À l'externe

  • TetrES Consultants
  • Ducks Unlimited
  • Administration du rétablissement agricole des Prairies (gouvernement du Canada)
  • Commission des services d'approvisionnement en eau du Manitoba
  • Groupe Save the Shell River
  • École secondaire Roblin Goose Lake
Mise à jour : 25/11/2013