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2001 Planification – Gagnant ex æquo 2

Ville de Guelph, Ontario

Devenir une collectivité viable, grâce au Plan vert

Population : 100 000

La stratégie d'amélioration continue de Guelph à l'égard de la pérennité environnementale, qui faisait partie des visées du Plan vert de la Ville en 1994, commence à porter ses fruits. Guelph n'a pas renié son engagement d'améliorer cette durabilité dans certains secteurs clés : l'affectation des terres, la gestion des déchets, les eaux, les transports et l'énergie. En six ans, la Ville a réussi à accroître de 14 p. 100 l'élimination des déchets municipaux par des méthodes alternatives, à réduire de 10,6 p. 100 la production d'eaux usées par habitant et à augmenter de 25 p. 100 l'achalandage des véhicules des transports publics.

Contexte

La population de Guelph, qui atteint aujourd'hui 100 000 habitants, est censée s'accroître de 40 p. 100 d'ici 2010. Cette croissance exercera une pression croissante sur les ressources naturelles limitées de la ville – air, eau et sol – et sur ses infrastructures. La forte proportion des résidants de Guelph ayant suffisamment de connaissances techniques pour contribuer au débat sur les enjeux du développement durable assure un apport constant d'idées qui peuvent engendrer des solutions. Jusqu'à tout récemment, cependant, la Ville a éprouvé beaucoup de difficulté à se fixer des objectifs clairs.

Résultats

De nombreuses initiatives environnementales d'envergure ont été mises en application depuis que la Ville a adopté son Plan vert. En voici un échantillon :

Planification de l'affectation des terres

Le Plan officiel est le document qui encadre la planification de l'affectation des terres à la Ville de Guelph. Il établit les buts, les objectifs et les politiques d'affectation des terres à Guelph. Le Comité directeur du Plan vert, en intégrant ses propres buts et objectifs aux dernières mises à jour du Plan officiel, a permis à la collectivité d'intervenir directement dans les projets de planification de l'affectation des terres.

"Le Comité met l'accent sur la conservation dans sa stratégie de planification, a précisé M. Etienne. Il reconnaît que les ressources que nous exploitons sont limitées et que nous devons les consommer aussi parcimonieusement que possible si nous voulons préserver l'intégrité de nos systèmes."

Voici quelques exemples de projets qui reposent largement sur l'adhésion du Comité à ces principes :

  • Les responsables de la Stratégie de traitement des eaux usées de 1998 reconnaissent que la rivière Speed de Guelph ne peut servir indéfiniment de réceptacle aux eaux usées. La conservation de l'eau est un volet important de cette stratégie.
  • L'étude du bassin inférieur du ruisseau Torrance de 1999 a mis en lumière le fait que la prolifération des revêtements routiers en asphalte entraîne un déclin de la qualité et du volume de l'eau potable de Guelph.
  • Les auteurs de la mise à jour, achevée en l'an 2000, de la stratégie sur les transports de l'an 2000, conseillent à la Ville de ne pas élargir ses routes pour s'adapter à l'augmentation du trafic. Ils proposent au contraire de résoudre les problèmes de circulation en incitant les gens à ne pas se déplacer en automobile.

Aménagement paysager

Au cours des 10 dernières années, Guelph a entrepris de promouvoir diverses initiatives ayant pour but d'améliorer le visage de la ville :

  • Les groupes communautaires et scolaires ont planté plus de 17 000 arbres, 3 000 plants de vivaces et 60 000 jonquilles le long des routes, parcs et vallées fluviales les plus importants.
  • Le Service des loisirs et des parcs a institué un programme de gestion des pesticides pour réduire, en cinq ans, l'usage de ces produits par les résidants et par la municipalité, dans tous les quartiers de la ville. (Au cours des 10 dernières années, Guelph a réduit sa consommation de pesticides de 70 p. 100.)
  • En 1991, la Ville a lancé sa politique de "naturalisation" en vertu de laquelle elle préconisait le retour à l'état naturel du tiers de ses 500 hectares d'espace ouvert. La Ville a procédé ainsi pour de nombreux tronçons de la vallée fluviale en vue de réduire l'érosion et d'aménager des zones d 'ombre. L'ombre fait baisser la température de l'eau et améliore l'habitat du poisson.

  • Guelph reconnaît l'importance du jardinage. En montrant l'exemple par sa politique de retour à la nature, la Ville encourage les résidants à planter des vivaces et d'autres plantes à faible entretien sur leur terrain. Ces plantes exigent moins d'arrosage, moins de produits chimiques et réduisent la consommation de carburant (par exemple pour la tonte du gazon).

Réduction des déchets

Au début des années 1990, la Ville a retenu diverses méthodes pour améliorer son programme de recyclage des déchets (solides ou liquides). La recherche de ce genre de solutions était au coeur même du défi que voulait relever le Comité directeur du Plan vert. Celui-ci s'était engagé "à tenter de trouver un système de gestion et d'élimination des déchets efficace et fondé sur des objectifs hiérarchisés de réduction, de réutilisation et de recyclage." Cette initiative a permis d'apporter les améliorations suivantes au système en place :

  • Entre 1994 et 1999, le taux de réacheminement des déchets urbains s'est accru de 14 p. 100, pour passer de 26 p. 100 à presque 40 p. 100. Les taux de l'an 2000 sont comparables. Ce chiffre représente une augmentation du réacheminement des déchets domestiques dangereux dont les livraisons dans les lieux d'élimination des déchets dangereux de la ville sont passées de 5 380 à 11 420 ainsi qu'une augmentation du réacheminement des résidus de jardin dont le volume est passé de 1 247 à 2 856 tonnes et de la collecte, sur le trottoir, des déchets organiques ménagers, dont le volume est passé de zéro à 6 700 tonnes.
  • En l'an 2000, Guelph a reçu et traité 7 200 tonnes de produits recyclables et compostables en provenance des secteurs industriel, commercial et institutionnel.
  • La collecte du compost sur les trottoirs a commencé en 1999 avec le Projet de compostage Dufferin, géré par le comté de Dufferin. Les matériaux compostables sont traités au Centre de recyclage des déchets solides ou liquides appartenant à Guelph et exploité par elle. On a l'intention de maintenir ce partenariat quand le programme s'étendra à la totalité du comté en 2001.
  • Guelph a formé un partenariat avec Eastern Power Ltd., qui a inventé un procédé permettant de soustraire plus de 90 p. 100 des déchets municipaux à l'enfouissement. L'entreprise a organisé une démonstration pilote d'un digesteur anaérobie au Centre de recyclage des déchets solides ou liquides de Guelph. Ce digesteur convertit les déchets biodégradables (le papier, les déchets domestiques, etc.) pour en faire un produit ressemblant au compost et un gaz riche en méthane. On vise à long terme le traitement d'une variété de déchets, l'utilisation du produit composté comme engrais et du gaz comme carburant, afin de réduire les coûts en énergie du Centre de recyclage des déchets solides ou liquides. Les calculs initiaux d'Eastern Power montrent qu'un digesteur de grande taille aiderait la Ville de Guelph à atteindre la cible de réduction de 6 p. 100 de ses émissions, à l'échelle de la collectivité.

Eaux

Tout au long de la décennie 1990, le Service des travaux publics a mené à bien diverses études et évaluations des eaux souterraines et élaboré un plan directeur pour la gestion des eaux. Entre-temps, le Plan vert a cerné les mesures à prendre pour permettre à la communauté d'améliorer la quantité et la qualité des ressources hydriques de la ville grâce à une utilisation judicieuse et efficace de la ressource. Par suite de cette collaboration, Guelph a mis en oeuvre :

  • des programmes de conservation de l'eau - le remplacement des toilettes dans les immeubles à appartements et les vérifications effectuées dans les industries ont entraîné des réductions immédiates de plus de 300 mètres cubes par jour et une réduction par habitant de 2,5 p. 100 de la consommation d'eau;
  • le Children's Groundwater Festival, qui enseigne aux enfants de la quatrième à la sixième année à apprécier la valeur de l'eau;
  • les initiatives de protection de la nappe phréatique et les stratégies de protection des têtes de puits;
  • l'évaluation du rendement aquifère en vue de mesurer l'approvisionnement en eau souterraine;
  • l'élaboration d'un modèle en matière d'eaux souterraines destiné à suivre la réaction aquifère à la demande de pompage.

Eaux usées

Guelph exploite des systèmes d'égouts sanitaires et de canalisation des eaux pluviales totalement séparés, assortis d'une bouche de décharge des eaux traitées dans la rivière Speed. Le débit limité de la rivière exige que la Ville fasse un traitement primaire, secondaire et tertiaire avant de désinfecter et de décharger ses eaux usées. La Ville utilise une technologie d'avant-garde à son usine d'épuration et tente continuellement d'améliorer ses procédés pour réduire l'impact de l'usine et de ses sous-produits.

En 1996, Guelph a élaboré une nouvelle stratégie de traitement des eaux usées. La recherche a établi que ses installations de traitement des eaux usées pourraient être agrandies pour tenir compte des prévisions de croissance démographique de la ville pourvu que celle-ci :

  • réduise sa production d'eaux usées par habitant de 10 p. 100 d'ici 2001 et parvienne à une réduction additionnelle de 5 p. 100 avant 2006 grâce à la conservation de l'eau et au règlement des problèmes associés à l'augmentation du volume des eaux usées quand il pleut en abondance (les flux par habitant ont diminué de 10,6 p. 100 au cours des quatre dernières années);
  • réduise les niveaux de phosphore en amont de l'usine en finançant un programme de subvention pour la qualité de l'eau en milieu rural; cette initiative, lancée en partenariat avec le comté de Wellington et la Grand River Conservation Authority, encourage les agriculteurs à protéger les cours d'eau des répercussions de leurs activités d'élevage en construisant des clôtures et propose la modernisation des décharges des égouts fluviaux dans les rivières Speed et Eramosa;
  • fasse davantage appel à des solutions de rechange d'avant-garde pour le traitement des eaux usées lors des agrandissements futurs de l'usine, y compris la désinfection aux ultraviolets, la filtration par membrane et l'entreposage des effluents d'eaux usées dans des aquifères d'eau non potable à des fins de réutilisation.

Avec l'aide du Comité directeur du Plan vert, Guelph est persuadée qu'elle n'aura aucune peine à atteindre ces objectifs.

Eaux pluviales

Guelph a été une pionnière dans le domaine de la gestion des eaux pluviales, du contrôle de la quantité et de la qualité et de la planification des nappes souterraines. La Ville entretient un réseau de plus de 50 étangs de gestion des eaux de pluie et de plus de 60 trous d'homme qui assurent la qualité de l'eau en captant l'huile et les grosses particules avant la décharge dans les rivières Speed et Eramosa. Plusieurs projets de lotissement au sud de la ville n'utilisent qu'une seule technique pour la décharge des eaux pluviales : l'infiltration des eaux souterraines ou, en d'autres termes, le renvoi direct des eaux de ruissellement dans le sol. Cette méthode remplit les nappes aquifères souterraines qui approvisionnent la ville en eau potable.

Parmi les autres initiatives concernant les eaux pluviales, on peut citer :

  • des lignes directrices pour la gestion esthétique des eaux pluviales, qui encadrent l'aménagement paysager des installations publiques et privées de gestion de ces eaux;
  • des études de planification qui montrent comment les terrains et les ressources hydriques seront affectés par les aménagements en cours et comment protéger ces ressources;
  • un nettoyage annuel de la Rivière Speed coordonné par le Groupe de recherche d'intérêt public de l'Ontario.

L'étroite relation de partenariat entre la Ville de Guelph et la Grand River Conservation Authority s'est avérée essentielle à ces initiatives de protection d'avant-garde. La société d'aménagement est un chef de file de l'aménagement des bassins hydrographiques. En 2001, elle a gagné le premier prix au troisième symposium annuel international sur la gestion des rivières (International River Management Symposium) à Brisbane, en Australie.

Transports

Le plus grand défi des responsables du Plan vert, dans le domaine des transports, a consisté à convaincre les membres de la collectivité de modifier leurs habitudes de déplacement. Guelph a terminé en l'an 2000 la mise à jour de sa Stratégie en matière de transports; celle-ci vise à augmenter le nombre de personnes qui pratiqueront régulièrement la marche et la bicyclette et qui prendront l'autobus au cours des 10 prochaines années. Un vaste réseau de pistes cyclables, de routes et de sentiers polyvalents est en construction dans tous les quartiers de la ville.

Guelph souhaite augmenter l'achalandage de son réseau de transports en commun de 10 p. 100 d'ici 2011 (outre les 5 p. 100 de 1994). Une entente conclue avec l'Université de Guelph visant à s'assurer que les frais d'inscription de tous les étudiants couvrent l'achat d'un laissez-passer d'autobus contribue à maintenir Guelph au sommet des statistiques d'achalandage fédérales et provinciales. Cela assure également à la division des transports publics les ressources nécessaires et permet de limiter les besoins en matière de subventions. Par suite d'une expansion majeure des services, de l'adoption d'un horaire prolongé et de la mise en service le dimanche, la clientèle du réseau de transports en commun a augmenté de 9,3 p. 100 en l'an 2000 seulement et de plus de 25 p. 100 au cours des quatre dernières années.

Les 94 parcs et espaces ouverts de Guelph couvrent 504 hectares de terre et consistent en un mélange équilibré d'espaces libres réservés aux loisirs passifs et actifs. Guelph a facilité l'accès des piétons et des cyclistes à ses 17 kilomètres de pistes urbaines connectées aux pistes régionales et à la piste nationale qui traverse le Canada d'un océan à l'autre. Cela a entraîné des économies d'énergie, amélioré la qualité de l'air et la santé des résidants de Guelph.  

Énergie

En 1998, Guelph s'est inscrite au programme Partenaires dans la protection du climat, une initiative conjointe de la Fédération canadienne des municipalités et du Conseil international pour les initiatives écologique communales dans le but de réduire, d'ici 2010, les émissions de gaz à effet de serre de la collectivité de 6 p. 100 par rapport aux niveaux de 1994. La Ville a l'intention de réduire ses propres émissions de 20 p. 100 pendant la même période. Le Comité directeur du Plan vert aide la Ville à élaborer une stratégie communautaire durable afin de réduire, dans l'ensemble, ses émissions de gaz à effet de serre. Guelph a l'intention d'atteindre ou de dépasser sa cible en intégrant ses politiques actuelles à de nouvelles initiatives de sensibilisation de la collectivité. Voici une liste des initiatives qui étayent ce programme :

  • financement de 2 500 vérifications de la consommation d'énergie domestique par l'entremise du programme fédéral Énerguide;
  • mise en oeuvre d'un programme pilote de conservation de l'eau visant une réduction de consommation d'au moins 1 000 mètres cube d'eau par jour;
  • approbation et mise en oeuvre d'une nouvelle mise à jour de la stratégie en matière de transports mettant l'accent sur une augmentation du groupe des usagers qui ne prennent pas leurs voitures;
  • mise en oeuvre de stratégies pour augmenter la clientèle du réseau de transports en commun, notamment l'ajout d'importants services, la prolongation des horaires et la mise en service le dimanche;
  • aide au programme pilote du Groupe de recherche d'intérêt public de l'Ontario en vue d'augmenter la clientèle entre Guelph et la municipalité régionale de Waterloo (le groupe, opposé à l'élargissement de la route 7 entre Kitchener et Guelph, étudie les mesures à prendre pour encourager le covoiturage);
  • participation à la semaine "Leave your car at home";
  • contribution à l'établissement de la première coopérative automobile de Guelph;
  • poursuite des travaux entrepris avec Eastern Power pour promouvoir l'utilisation du digesteur anaérobie à l'installation de traitement des déchets solides et liquides de la ville;
  • participation au programme Smog Alert grâce auquel la province surveille le niveau de smog en installant des stations de surveillance dans des douzaines de villes ontariennes.

Leçons apprises

  • Le changement commence par une vision et il se transforme en action grâce à la participation de la collectivité.
  • Il ne faut pas avoir peur d'écouter la voix de la collectivité.
  • Il faut être prêt à adopter une solution différente pour résoudre un problème donné (par exemple, créer la durabilité en conservant les ressources existantes et la capacité de l'infrastructure au lieu d'augmenter sans cesse cette capacité).
  • Les choses peuvent démarrer lentement au début, mais l'accumulation de petites victoires peut mener à un succès de taille.
  • Cherchez de l'aide chez vos partenaires. La synergie est plus efficace que le travail en vase clos.
Mise à jour : 26/11/2013