Vous n'avez pas de compte? Ouvrez-en un maintenant

2001 Énergie – Gagnant ex æquo 2

Municipalité régionale de Waterloo, Ontario

Transformer les gaz à effet de serre en énergie renouvelable

Population : 450 000

En recueillant et en utilisant les gaz émis par la décharge municipale, la Municipalité régionale de Waterloo a transformé un gaz à effet de serre actif en une source d'énergie renouvelable. Le système de collecte de gaz de la région produit de l'électricité destinée à alimenter une centrale électrique moderne tout en réduisant les odeurs et en éliminant pratiquement tous les rejets de méthane des lieux d'enfouissement. Par suite de son partenariat avec Toromont Energy et Ontario Power Generation, la région n'a assumé aucun risque financier dans le cadre de ce projet. En outre, elle en tirera profit en fournissant du gaz à la centrale électrique en échange d'une redevance qui atteindra probablement 500 000 $ par an.

Contexte

Waterloo, avec une population de 450 000 habitants, exploite deux décharges qui reçoivent plus de 200 000 tonnes de déchets par an. La plus grande des deux est la décharge Waterloo Landfill – une décharge de 72 hectares dont la capacité d'élimination a été approuvée pour les 30 prochaines années – dans laquelle 150 000 tonnes de déchets viennent s'ajouter, annuellement, aux six millions de tonnes déjà entreposées.

En 1993, deux facteurs ont amené la région à faire installer un système de collecte de gaz à la décharge Waterloo Landfill : les plaintes des résidants à propos des odeurs émanant de la décharge et les préoccupations quant à la contribution de ces gaz au réchauffement planétaire. La région a élaboré une stratégie en deux étapes pour garantir que ces gaz ne seront pas rejetés dans l'environnement.

Résultats

  • Waterloo a reçu 78 000 $ de Toromont en redevances entre août et décembre 1999 et 177 000 $ en l'an 2000. La région s'attend à ce que le montant de ces redevances atteigne près de 500 000 $ par année en 10 ans, au fur et à mesure de l'augmentation du volume de déchets et du débit de gaz qui permettront à Toromont de négocier des prix plus élevés pour l'électricité produite.
  • Waterloo récupère environ 8,5 millions de mètres cubes de méthane et le même volume de dioxyde de carbone par année. Elle recueille également de petites quantités de dioxyde de soufre et d'oxyde nitreux, des gaz qui sont responsables de la formation du smog. La région s'attend à ce que le flux de gaz excède 14 millions de mètres cubes par année d'ici 10 ans; elle compte donc ajouter des puits de récupération supplémentaires à la décharge
  • Environ 2 000 ménages sont maintenant alimentés par l'électricité que produit cette source renouvelable. Si une centrale électrique similaire était construite pour remplacer cette installation, il lui faudrait 8,5 millions de mètres cubes de gaz naturel de qualité pipeline par an pour générer la même quantité d'électricité.
  • La région a réglé une nuisance locale en débarrassant le secteur de la mauvaise odeur émanant des lieux d'enfouissement.
  • À court terme, le projet a créé des emplois pour les travailleurs locaux de la construction pendant l'aménagement de l'installation de sept millions de dollars de Toromont. Le projet a également créé un emploi à temps plein pour le gestionnaire de la centrale électrique et des emplois occasionnels pour les travailleurs qui s'occupent de la maintenance des moteurs.

Leçons apprises

  • Il faut recourir à des partenaires compétents : chacun des trois partenaires était spécialiste dans son domaine.
  • La persévérance paye. Même si le système de collecte et de brûlage des gaz était en activité depuis 1995, il a fallu attendre jusqu'à 1999 pour négocier tous les contrats d'approvisionnement en électricité nécessaires et pour construire la centrale électrique. Toromont a dû exercer des pressions constantes sur Ontario Power Generation pendant cette période pour faire avancer le projet. Jim Archibald a précisé qu'Ontario Power Generation s'est montrée réticente à investir du temps pour la production d'une si petite quantité d'énergie, mais que ce processus pourrait devenir plus facile à l'avenir, maintenant qu'elle dispose d'un modèle.
  • Les crédits de pollution se sont avérés essentiels pour la conclusion de ce contrat : sans eux, le projet aurait abouti à une impasse. Waterloo est allée de l'avant parce qu'elle a reconnu qu'il valait mieux une rentrée de fonds dans l'immédiat qu'une aubaine dans l'avenir.
Mise à jour : 26/11/2013