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2017 : un point tournant pour les villes et les collectivités (14/12/2016)

Cet article a été publié dans le journal The Hill Times le mercredi 14 décembre 2016.

L'année 2016 a donné une grande dose d'espoir aux collectivités  de partout au pays, peu importe leur taille. Cependant, si vous demandez à n'importe quel dirigeant municipal, il vous répondra que 2017 risque d'être encore plus marquante. Alors que notre pays célébrera son 150e anniversaire, de grandes décisions relatives au plan fédéral d'infrastructure détermineront si cet engagement historique apportera aux Canadiens des résultats tout aussi historiques.

Le budget 2016 a démontré la volonté du présent gouvernement d'investir dans nos villes et nos collectivités. Le gouvernement fédéral a tenu compte des recommandations de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et s'est engagé de nouveau dans le logement abordable, en plus de jeter les bases d'investissements sans précédent dans le transport collectif, les infrastructures sociales et les infrastructures vertes.

La phase 1 du plan d'infrastructure a permis d'investir 12 milliards de dollars dans le transport collectif, les conduites d'eau potable et d'eaux usées, et bien d'autres infrastructures. La contribution du gouvernement fédéral a été portée à 50 % des coûts des projets, ce qui a eu pour effet d'atténuer les limites financières locales. Le gouvernement a aussi financé de nouveaux programmes pour aider les municipalités à optimiser la gestion de leurs actifs et à innover pour contrer les changements climatiques, ce qui les préparera à l'ambitieuse phase 2.

Le mois dernier, l'Énoncé économique d'automne a porté le financement de la phase 2 du plan d'infrastructure à 81 milliards de dollars sur 11 ans - y prévoyant un financement additionnel réservé aux collectivités rurales et nordiques. Cet engagement sans précédent peut transformer nos collectivités en profondeur et améliorer nos vies. Pour ne pas gaspiller ce formidable potentiel, le gouvernement fédéral devra prendre les trois grandes mesures que voici dès le début de l'année 2017.

S'attaquer à la crise du logement

Un locataire sur cinq consacre aujourd'hui la moitié de son revenu aux frais de logement. Et 1,5 million de ménages canadiens ne peuvent pas trouver un logement convenable correspondant à leurs moyens. Des familles vulnérables risquent de se retrouver à la rue lorsque 600 000 logements sociaux du Canada cesseront d'être couverts par les ententes d'exploitation fédérales.

La FCM a élaboré un plan global pour maîtriser cette crise du logement. Il faudra des investissements majeurs pour préserver les logements sociaux et renouveler le secteur du logement dans son ensemble. L'année 2017 nous fournit l'occasion unique de le faire. Avec les 21,9 milliards de dollars prévus pour le Fonds pour l'infrastructure sociale dans la phase 2, le budget fédéral 2017 se doit d'accorder la priorité au logement.

Tous les ordres de gouvernement devront innover et collaborer pour faire échec à cette crise, mais nous devons d'abord mettre fin à l'hémorragie. Nul projet sérieux d'édification du pays ne peut négliger le logement. C'est le fondement des collectivités inclusives et agréables à vivre que nous souhaitons tous.

Amorcer une nouvelle ère en matière de transport collectif

Des réseaux de transport collectif plus performants permettraient de classer les villes canadiennes parmi les meilleures au monde. En raccourcissant les périodes de déplacement, on améliore la qualité de vie et on incite les employeurs et les employés à venir s'établir dans nos collectivités. En limitant l'utilisation de la voiture, on réduit les émissions de GES et on récupère la productivité perdue dans les bouchons de circulation.

Voilà un exemple probant de solutions locales à un problème national. À travers tout le Canada, les grandes villes et les villes de taille moyenne ont des projets de prolongement de leurs réseaux de transport collectif. La phase 2 dispose de 25,3 milliards de dollars pour permettre leur réalisation. Toutefois, le gouvernement fédéral doit d'abord prendre deux engagements.

Premièrement, il doit s'engager à assumer une plus grande part des coûts des projets - comme il l'a fait à la phase 1 - les provinces en assumant le tiers comme d'habitude. Deuxièmement, il doit simplifier le financement en prévoyant des mécanismes d'affectation des fonds prévisibles, de sorte que les villes pourront planifier intelligemment, mobiliser l'expertise locale et se mettre au travail le plus rapidement possible.

La moindre hésitation sur ces deux points pourrait freiner tout progrès.

Intensifier l'innovation locale en matière de climat

Les municipalités sont les premières à subir les conséquences des changements climatiques, qu'il s'agisse de températures extrêmes ou du rehaussement du niveau des mers. Elles définissent en outre les pratiques canadiennes les plus novatrices en matière de réduction de l'empreinte carbone - du chauffage urbain aux améliorations écoénergétiques des bâtiments, en passant par l'électrification des parcs de véhicules municipaux.

Au Canada, les possibilités les plus prometteuses de réduction des émissions de GES résident dans l'adoption à plus grande échelle de ces innovations locales.

Il faudrait d'abord réserver une part du Fonds pour l'infrastructure verte de la phase 2 à des projets locaux visant à réduire les émissions de GES et à bâtir des collectivités résilientes. Ici également, un partage équitable des coûts et des mécanismes d'affectation des fonds prévisibles sont essentiels pour profiter pleinement des possibilités locales. 

Les municipalités exercent une influence sur environ la moitié des émissions de GES au Canada. Le gouvernement fédéral ne pourra jamais atteindre ses cibles climatiques sans la collaboration entière des gouvernements locaux. En 2017, les Canadiens s'attendront à ce que tous les ordres de gouvernement travaillent ensemble. 

Bref, alors que 2016 a donné lieu à un important engagement du gouvernement fédéral au chapitre de l'infrastructure, l'année 2017 a quant à elle le pouvoir de transformer cet engagement en réalisations concrètes. Nous attendons encore des décisions importantes du gouvernement fédéral. Les villes et les collectivités de toutes tailles sont prêtes à relever le défi. Si tout va bien, le Canada entreprendra, à l'occasion de son 150e anniversaire, l'édification d'un avenir meilleur, d'un océan à l'autre. 

Clark Somerville est président de la Fédération canadienne des municipalités et conseiller de la Ville de Halton Hills et de la Région de Halton (Ont.). La FCM est la voix nationale des gouvernements locaux. Ses quelque 2 000 membres représentent 90 % de la population canadienne. 

Mise à jour : 14/12/2016