LES TRANSPORTS EN COMMUN, LA QUALITÉ DE L’AIR ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
L’adoption d’une stratégie nationale de transports en commun est une première étape importante vers l’élaboration d’une stratégie plus globale concernant les changements climatiques et la qualité de l’air. Une stratégie nationale de transports en commun peut aider à réduire le nombre d’automobiles sur les routes, diminuant ainsi les émissions de gaz à effet de serre qui causent les changements climatiques. Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation du public, le gouvernement du Québec a d’ailleurs réussi à intégrer sa stratégie globale de transports en commun aux mesures de lutte contre les changements climatiques.
Au Canada, l’ensemble du secteur des transports est responsable de près de 30 pour cent de la totalité des émissions de gaz à effet de serre du pays. Les véhicules personnels sont la plus importante source des hausses d’émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports, représentant maintenant 70 pour cent des émissions du secteur des transports. Les deux tiers de ces émissions sont produits dans les zones urbaines.
Le véhicule personnel doit être détrôné comme moyen de transport préféré des Canadiens, si nous voulons réduire de façon importante les émissions de gaz à effet de serre et les polluants atmosphériques. Une étude de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre associées aux modes de transport des voyageurs dans 84 villes à travers le monde a révélé que, dans toutes les villes, l’énergie consommée par voyageur-kilomètre en transports en commun varie du cinquième au tiers de l’énergie consommée par voyageur-kilomètre dans les véhicules personnels. Un autobus urbain peut transporter autant de passagers que 50 automobiles… et il pollue jusqu’à 18 fois moins.
TIRER DES LEÇONS DES AUTRES
Pour élaborer une stratégie nationale de transports en commun et une stratégie plus globale pour contrer les changements climatiques et améliorer la qualité de l’air, le Canada doit s’inspirer de ce qu’ont fait d’autres grandes villes du monde. Dans certaines grandes villes qui sont des chefs de file dans le monde, les transports en commun sont les piliers d’un réseau dont l’ensemble des différentes composantes, comme les routes, les ponts, les lignes ferroviaires et les ports, détermine la structure urbaine. Dans ces villes, les transports en commun sont rapides et efficaces et ils représentent le mode de transport privilégié au quotidien. L’adoption de systèmes semblables au Canada pourrait non seulement procurer des avantages économiques et sociaux, mais nous aiderait également à contrôler les changements climatiques.
LE TRANSPORT EN COMMUN EST LA PREMIÈRE ÉTAPE
Pour encourager les gens à utiliser davantage les transports en commun, nous devons faire plus que simplement investir dans les infrastructures des transports en commun. Nous devons gérer et réduire la place qu’occupe l’automobile dans les réseaux de transport urbain, tout en reconnaissant que la forme urbaine est un facteur essentiel pour créer des réseaux de transport urbain durables.
Les réseaux de transport en commun vieillissants du Canada offrent des possibilités de remplacer les modes de transport inefficients par des technologies (comme les trains légers sur rail et les autobus articulés) et des combustibles (comme les biocarburants, le gaz naturel ou l’hydrogène) plus propres et plus efficients, et de sensibiliser le public aux liens entre les transports en commun, la qualité de vie et la «forme urbaine» (où et comment se fait le développement). Ces mesures aideront également à accroître la compétitivité de nos villes.
Lorsqu’ils s’inscrivent dans le contexte d’une stratégie plus globale en matière de transports et de durabilité, les investissements dans les transports en commun peuvent contribuer considérablement à améliorer la qualité de l’air et à contrer les changements climatiques. Cette stratégie plus globale doit s’attaquer à notre dépendance à l’endroit des véhicules personnels et à l’inefficacité de la forme urbaine actuelle. Les nouveaux investissements doivent tenir compte de la gamme complète des composantes environnementales, sociales et économiques. Mais la mise en place d’un meilleur réseau de transports en commun demeure une première étape essentielle pour élaborer d’autres stratégies.
Renseignements : Massimo Bergamini, 613-907-6247 ou [ mbergamini@fcm.ca ]